• Vitalia Chiropratique

Comment repérer un torticolis congénital chez bébé?

Dernière mise à jour : mai 6



Le torticolis congénital constitue l’une des conditions neuromusculosquelettiques les plus fréquentes chez le nouveau-né. Elle touche environ 16 % des bébés et est observée dès la naissance ou dans les semaines suivantes.


Quelles sont les causes du torticolis congénital ?

Bien qu’il s’agisse d’une condition bien connue, les causes exactes du torticolis congénital demeurent encore inconnues. Les hypothèses les plus reconnues par la communauté scientifique à l’heure actuelle décrivent :

  • Une lésion du muscle sterno-cléido-mastoïdien pouvant être apparue pendant la grossesse, l'accouchement ou les premières semaines de vie de bébé.

  • Une restriction articulaire au niveau des hautes vertèbres cervicales, entraînant une diminution de la mobilité du cou de bébé.


Quels sont les facteurs de risque du torticolis congénital?

Certains facteurs pourraient possiblement augmenter l'incidence du torticolis congénital ou contribuer à son développement :

  • Naissance primipare (1er accouchement)

  • Grossesse multiple

  • Travail difficile (travail prolongé, utilisation de forceps ou de ventouse, etc.)

  • Dystocie lors de l'accouchement

  • Présentation en siège

  • Fracture de la clavicule

  • Débalancement des muscles extra-oculaires

  • Bébé de sexe masculin

  • Bébé de gros gabarit

  • Anomalie crânienne

  • Anomalie génétique


Comment repérer un torticolis congénital chez bébé, à la maison?

  • La tête est inclinée d’un côté, c’est-à-dire que la distance entre l’oreille et l’épaule de bébé est réduite d’un côté par rapport à l’autre.

  • La tête est généralement tournée du côté opposé à celui où elle est inclinée.

  • Il peut être difficile d’allaiter bébé dans certaines positions.

Torticolis congénital chez bébé

Quand doit-on consulter ?

Il est important de consulter dès que vous repérez les indices ci-dessus. Le torticolis congénital ne disparaît pas seul. Il s'agit d'une condition qui nécessite une prise en charge proactive puisqu'elle a un impact sur le développement moteur de bébé et constitue un facteur de risque majeur pour l'apparition de déformations crâniennes, particulièrement les plagiocéphalies positionnelles.


Le traitement du torticolis congénital, lorsqu’il est diagnostiqué dans les premières semaines de vie de bébé, est un traitement conservateur combinant principalement de la thérapie manuelle, des exercices et des conseils ergonomiques.


Mieux comprendre les impacts d'un torticolis congénital sur le développement de bébé

  • Il contribue à l'apparition d'une déformation crânienne

En raison de son torticolis congénital, bébé passe la majorité de son temps avec la tête inclinée et/ou en rotation. La pression exercée sur l'arrière de son crâne lorsqu'il est couché (que se soit dans son lit, dans sa balançoire, dans sa coquille, etc.) se retrouve donc toujours du même côté en raison de sa posture particulière. Cette pression asymétrique au niveau de l'arrière du crâne de bébé contribue à l'apparition d'une déformation crânienne, aussi appelée plagiocéphalie positionnelle (ou « tête plate »). Une étude de Roger et al. a d'ailleurs mis en évidence que jusqu'à 90% des nourrissons atteints de plagiocéphalie présentent un torticolis congénital ou une position préférentielle cervicale.

  • Il est associé à des difficultés d'allaitement

Le torticolis congénital peut être accompagné d'une asymétrie des mouvements de la mâchoire inférieure, ce qui peut contribuer à rendre le positionnement et la prise du sein plus difficiles pour bébé, à diminuer la qualité du transfert du lait et à causer des douleurs significatives lors de l'allaitement.

  • Il peut contribuer à un retard de développement moteur

La présence d'un torticolis entraîne des tensions musculaires au niveau du cou, de l'épaule et du dos de bébé, créant ainsi un déséquilibre musculaire et modifiant l'ensemble de sa posture. Cela a pour effet de diminuer la stabilisation de la tête de bébé, de sa cage thoracique ainsi que de sa ceinture scapulaire.


L'impact d'un torticolis sur le développement moteur d'un enfant peut être observé au niveau des habiletés motrices symétriques, de la stabilité posturale, de l'équilibre et des transfert de poids, de la mise en charge au niveau des membres supérieurs de bébé, de la prise d'objets et de la conscience de l'environnement ainsi qu'au niveau de la persistance de réflexes primitifs.


Plus concrètement, voici ce que l'on observe fréquemment chez les bébés présentant des torticolis congénitaux non pris en charge, en fonction de leur âge :


0-3 mois : Cette période est caractérisée par l’acquisition du contrôle moteur de la tête. Bébé apprend à tenir sa tête en position médiane, c’est-à-dire au centre, autant en position couché sur le dos ou assis qu’en position ventrale. Il peut rentrer le menton, tourner sa tête de chaque côté de façon symétrique.


Un bébé ayant un torticolis congénital ne peut pas placer par lui-même sa tête en position médiane, on remarque que sa tête est tournée du côté sain et inclinée latéralement de l’autre côté. Cette posture s’observe tant lorsqu’il est couché sur le dos que sur le ventre. Il peut également avoir de la difficulté à rentrer son menton.


3-4 mois : À cet âge, bébé a un bon contrôle de sa tête. Lorsqu’il est placé sur le ventre, il prend appui sur ses bras de façon symétrique, il peut prendre des objets avec une main ou l’autre.


Un bébé ayant un torticolis congénital présente encore une mobilité cervicale diminuée lorsqu’il est couché sur le dos. On remarque qu’il ne contrôle pas encore tout à fait sa tête. Placé sur le ventre, on observe qu’il ne peut pas dégager facilement le bras du côté atteint. Il prend les objets avec la main du côté sain. On note donc une asymétrie de la mise en charge des membres supérieurs, du tronc, du bassin et des hanches. L’épaule du côté atteint est plus élevée. Tout ceci perturbe le développement symétrique de la posture en regard de la ceinture scapulaire, du tronc, du bassin et des hanches.


5 mois : Le réflexe tonique asymétrique du cou est maintenant disparu. Bébé suit facilement un objet des yeux. Il ramène bien ses mains en position médiane. En position ventrale, les objets éparpillés de chaque côté de lui captent son attention et il les prend facilement tant d’un côté que de l’autre.


Chez un bébé ayant un torticolis congénital, le réflexe tonique asymétrique du cou est toujours présent (il disparaît normalement vers l’âge de quatre mois). La mobilité cervicale demeure diminuée et puisque la tête de bébé est inclinée, ses yeux le sont aussi. Ces deux facteurs affectent la poursuite visuelle et la proprioception de bébé, éléments essentiels pour développer une bonne coordination. Il est aussi possible qu’il saisisse moins les objets et les jouets qui lui sont présentés du côté atteint. L’asymétrie posturale perturbe la stabilité et limite les mouvements contre gravité. Elle a aussi un impact sur la proprioception (façon doit bébé perçoit son environnement et interagit avec celui-ci).


6-12 mois : Bébé se tient bien assis, il contrôle bien les transitions : couché → assis, assis → 4 pattes, dos ↔ ventre, il rampe. Il se tire debout vers la fin de cette période. Ses mouvements sont symétriques et harmonieux.


Un bébé ayant un torticolis congénital présente toujours une mobilité diminuée du cou à cet âge. Sa posture est asymétrique. Certains réflexes primitifs sont toujours présents. On note un retard du contrôle de la station assise sans appui. Bébé a de la difficulté à exécuter les mouvements de transition en raison de l’asymétrie des ceintures scapulaire et pelvienne. Il pourrait même n’être capable de tourner du dos au ventre que du côté sain car il lui est difficile de dégager le bras du côté atteint. La marche à quatre pattes pourrait présenter des asymétries et l’apprentissage de la marche pourrait être retardé. La proprioception demeure altérée, les réactions d’équilibre peuvent être affectées elles aussi. Tout cela complique les interactions de bébé avec son environnement tant physique que social.


La chiropratique pour le traitement du torticolis congénital, une option efficace!

Il est possible de consulter en chiropratique dès la naissance de bébé. En effet, la chiropratique pédiatrique est une approche douce, précise et sécuritaire pour les nouveau-nés. Elle est indiquée tant pour les torticolis congénitaux, les déformations crâniennes (plagiocéphalies, brachycéphalies) que les difficultés d'allaitement.


Lors de votre visite chez votre chiropraticienne, vous discuterez d’abord de votre grossesse et de votre accouchement. Il existe plusieurs facteurs de risque à l’apparition d’un torticolis congénital. Votre chiropraticienne cherchera à évaluer la présence d’un ou de plusieurs d’entre eux et à avoir un portrait global de la santé de bébé. Puis, elle effectuera un examen physique lors duquel elle évaluera le fonctionnement et le développement du système nerveux, musculaire et articulaire de bébé.


Elle vous expliquera par la suite le suivi proposé et répondra à toutes vos questions.


Au plaisir de prendre soin de votre santé !


Pour en apprendre davantage

Sur le web

Association Québécoise de Chiropratique pédiatrique et périnatale (AQCPP) Ordre des chiropraticiens du Québec


Bibliographie

Amaral D. et al. Congenital muscular torticollis. Where are we today? A retrospective analysis at a tertiary hospital. Porto Biomedical Journal: May-June 2019 - Volume 4 - Issue 3 - p e36

Hwang D. et al. Changes in Muscle Stiffness in Infants with Congenital Muscular Torticollis. Diagnostics 2019, 9(4), 158

Rogers GF, Oh AK, Mulliken JB. The role of congenital muscular torticollis in the development of deformational plagiocephaly. Plast Reconstr Surg. 2009;123(2):643–652

Wall V, Glass R. Mandibular Asymmetry and Breastfeeding Problems: Experience From 11 Cases. Journal of Human Lactation. 2006;22(3):328-334. doi:10.1177/0890334406290096

Watson Genna, Catherine, Breastfeeding Infants with Congenital Torticollis, Journal of Human Lactation, 2015, Vol. 31 (2) 216-220.